Etang de Thau (34)

L'étang de Thau, aussi appelé lagune ou bassin de Thau, est une lagune saumâtre qui constitue le plus grand plan d'eau de la région Occitanie. Sa superficie est d'environ 7500 hectares avec une profondeur moyenne de cinq mètres mais qui peut atteindre 32 mètres au point appelé source de la Vise. Sa biodiversité est particulièrement riche avec des colonies d'Hippocampes mouchetés et ses grandes Nacres, espèce en danger critique d'extinction qui a trouvé ici l'un de ces derniers refuges. La lagune est reliée à la Méditerranée par deux graus, l'un à Marseillan, l'autre à Sète. Elle est séparée du golfe du Lion par un cordon de sable littoral.
L'étang de Thau est un lieu d'activités économiques telles que la production d'huîtres et de moules. Ce sont environ 600 établissements conchylicoles qui y sont installés. Ils emploient environ 2000 salariés et produisent plus de 12 000 tonnes d'huîtres par an.
 
 
 
Balaruc-les-Bains est une commune qui compte un peu plus de 7100 habitants. Comme les villes voisines, elle possède un patrimoine naturel remarquable avec deux sites Natura 2000 (Herbiers de l'étang de Thau et étang de Thau) et plusieurs zones d'intêret écologique, faunistique et floristique. A l'époque antique, c'est un territoire agricole qui possédait déjà des thermes. Les fouilles archéologiques ont révélé la cité antique avec un sanctuaire dédié à Neptune, des thermes antiques, une nécropole, un temple dédié à Mars, un autel votif et de nombreux ex-voto. Un aqueduc amenait de l'eau douce jusqu'à la cité. Aujourd'hui, l'activité économique repose essentiellement sur le thermalisme et les activités touristiques des curistes. Géré par la municipalité, l'établissement thermal est le premier en France par sa fréquentation.
 
 
Balaruc-le-Vieux est une commune distincte de Balaruc-les-Bains depuis 1886. Elle compte plus de 2700 habitants.
 
 
Mèze a été fondée par les Phocéens au VIème siècle avant JC. Successivement refuge, comptoir commerçant et lieu d'habitation, la ville a connu plusieurs occupations grecque, romaine, troupes de Simon de Monfort, gérance par l'évêque d'Agde jusqu'à la Révolution française. Son économie s'est longtemps appuyée sur l'agriculture et la pêche avant de s'ouvrir au commerce maritime à partir du VIème siècle. Aujourd'hui, son économie s'appuie essentiellement sur la conchyliculture et l'ostréiculture. Elle compte près de 12 700 habitants.
 
Marseillan a connu un peu la même histoire que sa voisine Mèze : installation des grecs, domination romaine puis wisigothe, incursions sarrasines, croisade contre les Albigeois, incorporation au royaume de France et guerres de religion. Son développement s'est appuyé sur ses ressources naturelles : ressources de l'étang de Thau (conchyliculture) et vigne malgré l'apparition de la pyrale du XVIIème siècle et du phylloxera en 1876. Marseillan s'est plus récemment tournée vers le tourisme grâce à son extension balnéaire, Marseillan-plage et ses ports de plaisance.
 
Marseillan
 
Marseillan-Plage
Sète (écrit Cette jusqu'en 1928) compte plus de 45 300 habitants. La ville existe depuis l'Antiquité et a été baptisée l'île singulière par Paul Valéry. Elle a vu naître des artistes comme Paul Valéry, Georges Brassens, Manistas de Plata ou Jean Vilar. La ville est quadrillée par des canaux et s'étend au pied du mont Saint-Clair. Au Moyen-Âge, Sète est un village de pêcheurs. En 1596, Henri de Montmorency, gouverneur du Languedoc, choisit le cap de Sète pour établir un port mais, faute d'argent, les travaux sont arrêtés en 1605. Des décennies plus tards, le chevalier de Clerville, ingénieur missionné par Colbert, sélectionne un promontoire sauvage au bout d'une terre située à la sortie de l'étant de Thau pour y construire un port. En 1673, la fondation de la ville est documentée par acte officiel. Le port est visité par Vauban. En juillet 1710, les anglais attaquent et prennent Sète. Ils sont rapidement chassés par le duc de Noailles. Cette attaque conduit à la construction des forts Saint Pierre et Butte Ronde puis plus tard de la citadelle Richelieu et de la redoutedu Castellas. Au XIXème siècle, le labour qui s'intensifie dans le bassin versant amène des eaux chargées d'alluvions qui viennent colmater le port. De 1882 à 1888, de grands travaux ont lieu pour dégager le port. La ville est occupée par les allemands à partir de novembre 1942. Elle est bombardée par les aliés en juin 1944 avant d'être libérée deux mois plus tard. Le port fait à nouveau l'objet de travaux entre 1966 et 1978. Le port de Sète est aujourd'hui le 11ème port français et dispose d'un traffic important de ferrys vers les pays d'Afrique du Nord. C'est aussi le premier port de pêche français en Méditerranée. Plusieurs aménagements ont été conduits pour développper l'activité portuaire.
 
Redoute du Castellas
 
 
 
 
 
 
Au nord de l'étang de Thau, l'abbaye de Valmagne est un monument historique fondé en 1139 par Raymond Trencavel, vicomte de Béziers. Elle suit dans un premier temps la règle bénédictine avant de demander, dès 1144, son rattachement à Bonnevaux, fondation de Citeaux. Ce rattachement est effectif en 1145 et est confirmé par le pape Adrien IV en 1159. L'abbaye connaît une époque de splendeur avec d'abondantes donations. La communauté s'enrichit considérablement. Comptant parmi les abbayes les plus riches du sud de la France, elle accueille près de 300 moines. Les premières difficultés surviennent lors de la guerre de Cent Ans : épidémie de peste noire qui décime la région en 1348, mort ou départ de moines qui fuient l'abbaye, passage de grandes compagnies et de mercenaires qui endommagent Valvagne. Les abbés n'arrivent plus à faire face aux dépenses et doivent vendre certaines dépendances. A partir de 1477, la gestion de l'abbaye par des abbés commandataires nommés par le roi conduit à un certain relâchement de la vie religieuse. Lors des guerres de Religion, l'abbaye est presque abandonnée. L'abbé Vincent Concomblet, en poste depuis quatre ans, embrasse la religion réformée et assiège les lieux. En 1575, une attaque des Huguenots brise tous les vitraux de l'église et fait des dégats considérables dans le cloître. Des moines sont massacrés. En 1625, un maître-maçon est désigné pour procéder à la consolidation de l'église. Il referme par des pierres les anciennes ouvertures. L'abbaye est désertée et devient un repaire de brigands. Le retour des moines a lieu au début du XVIIème siècle. Ils lancent de grands travaux de restauration : fenêtres au vitraux brisés murées, restauration du cloître, construction d'un escalier d'honneur, ajout d'un étage au cloître, création d'un jardin à la française. Au début du siècle suivant, les fonds viennent à manquer. Dans les dernières années du XVIIIème siècle, la communauté des moines est très réduite. L'abbaye est à nouveau saccagée lors de la Révolution française. En 1790, les trois derniers moines s'enfuient vers Barcelone. L'abbaye devient alors bien national qui est vendu à M. Granier Joyeuse qui convertit l'église en chai. Elle est rachetée en 1838 par le comte de Turenne. Sa descendance occupe toujours les lieux et se consacre à la viticulture (Valmagne est l'un des plus anciens domaines viticoles du Langedoc). En 1947, l'église, le cloître et la salle capitulaire sont classés aux monuments historiques puis l'abbaye toute entière en 1994 puis 1997. Elle accueille aujourd'hui des manifestations culturelles et est ouverte aux visiteurs depuis 1975.
 
 
 
 
 
A l'est de l'étang de Thau, Vic-la-Gardiole est une petite commune de près de 3500 habitants. Elle possède un patrimoine naturel remarquable avec deux sites Natura 2000, cinq espaces protégés et dix zones d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Le bois des Aresquiers est l'un de ces espaces protégés. Il offre un paysage unique où la pinède méditerranéenne côtoie les étangs salés permettant une mosaïque de milieux exceptionnelle. On y rencontre de nombreuses espèces d'oiseaux. Le bois abrite en outre une flore variée avec une quizaine d'espèces rares ou menacées.
 
 
 
 
Mes commentaires:
Très belle région à découvrir au rythme de ses envies. Les plus sportifs tenteront le tour de l'étang en vélo (environ 65 kilomètres) le long de pistes cyclables très agréables sauf peut-être la traversée de Sète un peu cafouilleuse.
Les sentiers dans le bois des Aresquiers sont très bien balisés. Ils permettent de découvrir les 1000 facettes de cet écosystème bien particulier.
Enfin, point fort de ce court séjour dans la région, le cloître est absolument magnifique tout particulièrement sa fontaine mais aussi sa salle capitulaire. La visite se termine par une dégustation des vins du domaine. A consommer avec modération, cela va de soi.