CIRCUIT PORTUGAL (avril-mai 2026)
Données historiques
 
A l’arrivée des phéniciens et des grecs du IXème au VIIème siècle avant JC, l’essentiel de la côte ouest est occupé par les lusitani. Viennent ensuite les carthaginois (IIIème siècle avant JC) puis les romains (139 avant JC). Ces derniers font de la région une province qu’ils appellent Lusitania. Cette province déborde largement sur l’Espagne. Plusieurs cités se développent et deux grandes voies romaines traversent la province, l’une reliant Merida à Lisbonne, l’autre reliant Lisbonne à Braga. Au Vème siècle, les wisigoths envahissent le pays et ne laissent que des ruines derrière eux.
En 711, des maures, des arabes et des berbères, venus d’Afrique du Nord, franchissent le détroit de Gibraltar et s’emparent du Portugal qui connaît une courte période de prospérité et de tolérance. La noblesse chrétienne qui s’est réfugiée en Galice s’organise pour reprendre les territoires perdus. Braga est reprise en 868 et Coimbra en 871. L’éclatement du califat de Cordoue et la chute de Tolède a lieu à partir du XIème siècle. Henri de Bourgogne qui a épousé la fille d’Alphonse VI de Léon et de Castille, reçoit en dot le « comté portucalense », centré sur Porto et Calem. Il devient comte du Portugal vers 1096. Son fils, vainqueur des maures à Ourique, se proclame roi du Portugal en 1139. Sa dynastie règnera pendant deux siècles et demi. Après la prise de Faro en 1249, les maures quittent l’Algarve. Depuis cette date, les frontières du Portugal, reconnues par l’Espagne en 1297, n’ont presque pas bougé. Dès 1290, Denis Ier fonde la première université du pays. D’abord installée à Lisbonne, elle est déplacée à Coimbra en 1307. Il officialise comme langue portugaise, la langue parlée dans cette ville. La fin du XVème siècle est marquée par de nombreux conflits avec la Castille qui cherche à annexer le Portugal. Au cours de ces conflits, se distingue Ferdinand Ier, grand maître de l’ordre d’Aviz. Il est proclamé roi sous le nom de Jean Ier en 1385, premier de la dynastie des Aziz qui règnera pendant deux siècles apportant au Portugal la gloire et la prospérité. L’expansion portugaise commence en 1415 avec la prise de Ceuta, l’actuel Maroc. La suite est confiée à Henri le Navigateur, le fils de Jean Ier. Il met en œuvre la politique d’exploration et de conquête voulue par son père et organise plusieurs expéditions vers le sud en longeant la côte africaine. Les Portugais installent des comptoirs à Madère (1419), aux Açores (1427 et 1452) et dans les îles du Cap-Vert (1456). A la mort d’Henri en 1460, les portugais ont déjà atteint le golf de Guinée. Vingt ans plus tard, ils découvrent l’embouchure du Congo. En 1487-1488, Bartolomeu Dias franchit le cap des Tempêtes (Cap de Bonne-Espérance) balisant ainsi la route des Indes. En 1494, le traité de Tordesillas partage le monde en deux demi-sphères d’influence portugaise et castillane. En 1495, Manuel Ier monte sur le trône. Les découvertes s’enchainent : Indes (1498, Vasco de Gama), Brésil (1500, Pedro Alvares Cabral), Chine (1511), îles Moluques (1512), Japon (1543). Les richesses affluent vers le Portugal : or, tapis, soierie, épices. Le développement de Lisbonne et des autres ports occidentaux conduit au déclin des anciennes places commerciales de Méditerranée. L’empire maritime portugais est surtout constitué de comptoirs. Le Portugal manque de bras pour peupler son empire et, à partir de 1571, les premières forteresses tombent.
En 1578, Sébastien Ier, âgé de 25 ans, est tué lors d’une expédition contre les maures au Maroc. C’est la fin de la dynastie d’Aviz et, avec elle, la fin de la grandeur du Portugal. Le royaume passe aux mains de l’espagnol Felippe II, fils de Charles Quint et d’Isabelle de Portugal. Deux mythes voient le jour. D’abord celui du sébastianisme : Personne n’a vu le corps de Sébastien Ier et les portugais se mettent à croire à son retour prochain pour libérer le Portugal du joug espagnol. Ensuite celui du Cinquième Empire, chrétien, universel, conduit par le Portugal qui doit succéder aux empires de l’antiquité et rendre sa grandeur évanouie au Portugal. Dans les faits cependant, la plupart des places fortes du Portugal en Asie tombent. En 1640, le Portugal recouvre son indépendance suite à une révolte des nobles portugais qui mettent sur le trône Jean IV, duc de Bragance et descendant direct de la dynastie d’Aviz. L’Espagne finit par reconnaître les frontières portugaises en 1668.
Une période nouvelle commence avec, en 1703, un traité militaire et économique qui acte des liens étroits entre le Portugal et l’Angleterre. Parallèlement, à l’avènement de Jean V, monarque absolu qui règnera de 1706 à 1750, le Portugal connaît un nouvel âge d’or grâce à l’or et aux diamants venus du Brésil. A cette période faste, succède une période plus dure avec un séisme et un raz-de-marée qui touche Lisbonne en 1755. Ils font 15 000 morts. Le marquis de Pombal, premier ministre de Joseph 1er, est chargé de la reconstruction. Il en profite pour développer le pays : réforme de l’administration, de l’enseignement et de l’armée, création du Trésor public et création des manufactures. Du fait de son lien avec l’Angleterre, le Portugal participe à la première coalition contre la France révolutionnaire et au blocus continental. En représailles, Napoléon Ier enverra trois expéditions (1807, 1809 et 1810). En 1808, Jean VI et la famille royale portugaise doivent s’enfuir au Brésil. De nombreuses œuvres d’art sont pillées ou détruites. Après la conquête napoléonienne, le pays ne retrouvera plus jamais sa place sur l’échiquier européen. En 1821, une révolution libérale bourgeoise, qui souhaite s’émanciper de la mainmise de l’Angleterre sur le Portugal après la chute de Napoléon, conduit au retour d’exil de Jean VI. L’année suivante, le Brésil proclame son indépendance ce qui affecte considérablement l’économie portugaise. Avec la nouvelle constitution qui entre en vigueur après la révolution, le rôle du roi est réduit à un rôle de représentation. Le XIXème siècle est marqué par de multiples coups d’état, par des guerres civiles et par la rivalité entre libéraux et monarchistes. Pendant cette période, les souverains du Portugal sont des personnages fantasques comme Ferdinand II, le « roi artiste » (1816 – 1885). En 1908, le roi Charles Ier et le prince héritier sont assassinés. En 1910, l’abdication du roi Manuel II marque l’avènement de la république. Associée à un esprit urbain (Lisbonne) et suspectée d’anticléricalisme, elle ne parvient pas à rétablir l’ordre ni à assainir l’économie. En 1926, un pouvoir militaire fort s’installe après le soulèvement militaire de Braga. Le jeune Salazar, professeur d’économie, est sollicité pour remettre l’économie en marche. Il se façonne une image de « moine dictateur », célibataire, qui n’accumule aucune richesse personnelle et généreux envers les plus pauvres. Devenu président du Conseil, il instaure en 1933 « l’Etat nouveau ». Il œuvre pour obtenir une stabilité monétaire, entreprend de grands chantiers, prône le retour aux valeurs traditionnelles, fait l’éloge du monde paysan, organise les métiers sur un mode corporatif qui discrédite l’usage de la grève et censure son opposition. Sa police d’état, la PIDE, remplit les prisons de détenus politiques. A partir de 1960, alors que l’Afrique s’extirpe de la colonisation, Salazar se lance sans succès dans plusieurs guerres afin de tenter de maintenir en l’état l’empire portugais : Guinée-Bissau, Mozambique, Angola, Timor. Elles consomment 50% du budget de l’état, provoquent l’émigration de sa jeunesse qui fuit le service militaire obligatoire et mécontentent les militaires qui créent le Mouvement des capitaines. Salazar doit quitter le pouvoir en 1968 à la suite d’une hémorragie cérébrale et meurt en 1970. Malgré quelques mesures libérales, la situation du pays ne fait que se dégrader.
Le 25 avril 1974, le général de Spinola et le Mouvement des Capitaines déclenchent un coup d’état qui est bien accueilli tant par la police politique que par la population. La fête des Œillets le 1er mai voit le peuple fraterniser avec les soldats. Il s’ensuit un processus de radicalisation qui conduit à un chaos qui durera un an et demi et qui opposera le Mouvement des Forces Armées (MFA) très à gauche aux conservateurs. Le gouvernement conduit par Vasco Goncalves, un proche du parti communiste, fait adopter une réforme agraire et des nationalisations, décrète la fin de la guerre en Afrique et la décolonisation. Une nouvelle constitution est promulguée et un Conseil de la révolution voit le jour pour veiller à l’application des réformes et pour empêcher le retour du fascisme. Le parti socialiste de Mario Soares remporte les élections de l’été 1975 mais il est empêché de former un gouvernement. Le pays est au bord de la guerre civile : manifestations, attentats, échec de l’insurrection d’une fraction de l’armée, proclamation de l’état d’urgence.
Pendant les dix années qui suivent, le pays est successivement dirigé le parti socialiste de Mario Soares, le CDS à droite ou le parti social-démocrate au centre dans un contexte de crises politiques fréquentes. En 1982, une nouvelle Constitution est adoptée pour limiter les pouvoirs de l’armée et du président de la République.
Dans un contexte économique compliqué, l’espoir d’une intégration au sein de la Communauté économique européenne aboutit en 1986. Les nouvelles perspectives économiques et la transition démocratique assurée avec l’élection de Mario Soares, premier civil élu depuis 60 ans permettent au Portugal de connaître un développement rapide et une forte hausse de son PIB. En 1998, l’Exposition universelle a lieu à Lisbonne à l’occasion de 500ème anniversaire du premier voyage de Vasco de Gama aux Indes.
Les années 2000 sont marquées par l’alternance des gouvernements de gauche et de droite. Des lois sociales sont votées : dépénalisation de l’avortement en 2007 et mariage homosexuel en 2010.
La crise économique de 2009 frappe durement le Portugal avec une vague de chômage sans précédent. En 2011, pour éviter la banqueroute, l’Union européenne et le Fonds monétaire international octroient un prêt de 78 milliards d’euros sur trois ans. Ce plan conduit à des hausses d’impôts, une réduction des prestations sociales, un gel des salaires, des suppressions de postes dans la fonction publique, un recul de l’âge de départ à la retraite, une explosion du chômage, une augmentation de la pauvreté, une chute de la consommation ainsi que des grèves générales. La récession dure jusqu’en 2013. En 2014, l’économie portugaise sort de la récession et le taux de chômage diminue. La consommation repart à la hause grâce à l’augmentation des salaires et des retraites et aux diminutions d’impôts. Tourisme et boom immobilier soutiennent l’économie. La dette est remboursée en 2015. Le pays connaît alors quatre années de forte croissance économique avec un recul du chômage et des déficits publics. Au lieu de diminuer les dépenses publiques, de réformer le travail et de réduire les protections sociales, le gouvernement de gauche augmente salaires et retraites et renforce les droits des travailleurs. Contre toute attente, le chômage descend en-dessous de 6.5%, la consommation décolle, l’immobilier flambe et le tourisme explose faisant du Portugal un nouvel eldorado pour les investisseurs européens. L’économie est à nouveau mise à rude épreuve avec la Covid-19. Le Portugal reçoit de l’Europe une enveloppe de 16 milliards d’euros qui permet au pays de bien rebondir malgré le contexte inflationniste provoqué par la guerre en Ukraine. Plusieurs défis attendent néanmoins les gouvernements à venir : spéculation immobilière, services publics en mauvais état, poussée de l’extrême droite.