CIRCUIT IRLANDE (août 2018)

Données historiques
 
Le premier peuplement date de 7 000 avant JC. Entre le VIIème et le Ier siècle avant JC, les celtes arrivent en provenance de différentes parties de l’EUROPE. Les gaëls s’imposent et développent une civilisation qui n’est pas influencée par l’hégémonie romaine. Ils vivent de l’élevage et ne construisent que peu de villes. De petits royaumes, les tuatha, se font la guerre. De ces guerres, émergent de grandes familles. Saint Patrick évangélise l’île entre 432 et 461 même si d’anciens cultes persisteront encore longtemps. Les moines irlandais construisent des monastères qui rayonnent dans toute l’EUROPE. L’IRLANDE échappe aux vagues de destructions des hordes barbares. Les monastères forment des savants qui prennent en charge l’éducation des enfants de plusieurs rois européens. Cet âge d’or s’accompagne d’un grand épanouissement artistique : enluminure, orfèvrerie, …
A partir du VIIIème siècle, les incursions scandinaves se multiplient. Les vikings installés dans leur campement principal à DUBLIN profitent de la division des royaumes pour s’implanter dans l’île. Brian Boru, chef gaëlique du sud, organise la résistance et fédère une grande quantité de royaumes. La bataille de CLONTARF (1014) oppose les gaëls de Brian Boru aux vikings venus en force. Les gaëls l’emportent malgré la mort de leur chef. Cette bataille marque l’arrêt des incursions scandinaves.
Les anglo-normands partent à la conquête de l’île à partir de la fin du XIIème siècle. En 1170, ils s’emparent de DUBLIN et occupent toute l’île à l’exception de l’ULSTER à partir de 1250. Cette domination est transitoire. Les anglo-normands sont complètement assimilés à la fin du XIVème siècle mais l’influence de l’ANGLETERRE perdure à DUBLIN et ses environs. Le reste du pays est aux mains de famille gaëliques ou anglo-irlandaises (les comtes).
Henri VIII interdit l’usage du gaëlique et, sous le règne d’Elisabeth Ière, des persécutions ont lieu s’appuyant sur les divergences de dogme entre protestants et catholiques.
La fin du XVIème siècle est marquée par le soulèvement de toute l’IRLANDE dirigé par une alliance des comtes appuyée par des troupes espagnoles. Les comtes sont défaits à KINSALE en 1601. Les anglais envoient massivement des colons (essentiellement des écossais presbytériens) qui prennent possession des terres confisquées aux catholiques. A DUBLIN, le Trinity College est fondé. Il s’agit d’une université interdite aux catholiques. En 1607, les chefs anglo-irlandais doivent se réfugier sur le continent.
Pendant la guerre civile anglaise, les paysans catholiques se révoltent. En 1649, Cromwell et ses troupes mettent le pays à feu et à sang, massacrent les populations et détruisent ville, châteaux et églises.
En ANGLETERRE, les guerres jacobites opposent Jacques II le catholique et Guillaume d’Orange le protestant. En 1689, Jacques II livre bataille contre Guillaume en IRLANDE. Il échoue à DERRY. Son armée est écrasée en 1690 à la bataille de LA BOYNE. Les anglais promulguent les lois pénales qui interdisent aux catholiques d’être électeurs et éligibles et qui les excluent de l’armée, des services publics, de la magistrature et de toutes les professions libérales. Sont interdits le gaëlique, l’achat de terres, l’héritage d’un propriétaire protestant et la possession d’un cheval valant plus de 5 livres. Il est nécessaire de demander une autorisation pour dire la messe. A tout ceci, s’ajoute l’interdiction d’exporter la laine et les produits manufacturés. Toutes ces mesures affectent les anglo-irlandais protestants. Leur parlement de DUBLIN n’a que très peu de pouvoirs. En 1759, Henri Grattan, un parlementaire protestant fonde le Parti des Patriotes. Pendant la guerre d’indépendance américaine, les anglais ayant retiré des troupes d’IRLANDE doivent accepter de donner plus de pouvoir au parlement irlandais, d’abroger certaines lois pénales et de redonner aux catholiques le droit à l’éducation et à la propriété. L’IRLANDE connait alors une période plus prospère.
A la suite de la révolution française, Theobald Wolfe Tone, avocat protestant, fonde le mouvement des United Irishmen qui prône les libertés politiques et religieuses. En réaction, les protestants conservateurs créent l’ordre d’Orange. En 1798, des paysans catholiques se révoltent. Le mouvement est sévèrement réprimé. En 1800, William Pitt, Premier ministre anglais, entreprend d’établir un acte d’union avec l’ANGLETERRE. Il est validé un an plus tard à la fois par les parlements de LONDRES et de DUBLIN qui entérinent ainsi la naissance du Royaume-Uni de GRANDE BRETAGNE et d’IRLANDE. Une nouvelle rébellion conduite par le protestant Robert Emmet échoue en 1803.
Daniel O’Connell, nationaliste catholique pacifique, fonde un mouvement pour obtenir l’abrogation de l’union. En 1829, les catholiques sont autorisés à participer aux élections. Un parti irlandais entre au Parlement. O’Connell rassemble de plus en plus de monde et sa popularité commence à inquiéter LONDRES. Son meeting de 1843 est interdit et O’Connell, redoutant la confrontation, l’annule. Il perd beaucoup de crédit politique. Son décès marque la fin de son mouvement.

Daniel O'Connell

La période de 1845 à 1850 est celle de la Grande famine en raison du mildiou qui frappe les cultures de pomme de terre. L’île compte des dizaines de milliers de morts alors que les exportations (blé et bétail) vers l’ANGLETERRE continuent. LONDRES tarde à réagir et des centaines de milliers d’irlandais partent vers l’AMERIQUE dans des bateaux cercueils (coffin boats). Beaucoup meurent pendant le voyage. En dix ans, la population de l’île passe de 8,5 à 6 millions d’habitants..
Au milieu du XVIIème siècle, d’anciens soutiens d’O’Connell fondent le mouvement Jeune Irlande. Ils se rangent derrière un drapeau tricolore : vert (catholiques), orange (protestants) et blanc (symbole de paix). Le mouvement Fenian (inspirés des guerriers et héros des légendes gaëliques) est créé en IRLANDE et aux USA et rassemblent rapidement plusieurs milliers de membres. Deux insurrections sont réprimées et plusieurs fenians pendus ou emprisonnés après une vague d’attentats qui touche l’ANGLETERRE.
En ANGLETERRE, l’arrivée au pouvoir de Gladstone, libéral, se traduit par un timide assouplissement de certaines mesures : fin de la suprématie de l’église anglicane en IRLANDE, liberté du culte catholique, suppression de la dîme. Parallèlement en 1870, le Home Rule Party est créé. C’est un mouvement pour l’autonomie qui remporte, dès 1874, la moitié des sièges irlandais du Parlement britannique. Un jeune député du Parlement irlandais, Charles Stewart Parnell, président de la Ligue agraire (fondée par Mickael Davitt en 1879 pour demander la restitution du droit ancestral à la terre), met ses talents d’orateur au service de la cause des paysans. Il amène Gladstone à conduire une réforme agraire et une redistribution des grands domaines aux petits paysans. En 1885, le Home Rule Party remporte la totalité des sièges aux élections irlandaises à l’exception des bastions loyalistes d’ULSTER. Ces derniers créent le Parti unioniste pour s’opposer au Home Rule Party.
Au milieu des années 1880, sont fondés plusieurs mouvements destinés à promouvoir la langue gaëlique, la littérature irlandaise et les anciens sports irlandais. Parallèlement, de nouveaux partis politiques émergent comme le Sinn Féin ("nous seuls" en gaëlique) à partir de 1905. Par opposition, les unionistes d'ULSTER forment une organisation militaire baptisée Ulster Volunteer Force. Les nationalistes irlandais répondent en créant les Nationalist Irish Volunteers.
Une insurrection éclate à DUBLIN en 1916. La république est proclamée mais, après une semaine de résistance, les rebelles doivent se rendre. Des responsables irlandais sont fusillés ce qui choqua l'opinion publique qui prit position en faveur de l'insurrection. Aux élections de 1918, 73 élus sur 105 sont issus des rangs du Sinn Féin. En janvier 1919, les députés du Sinn Féin refusent de siéger à LONDRES, forment le Dail Eireann (Parlement libre d'IRLANDE) et nomment un gouvernement. De Valera, chef du Sinn Féin, emprisonné depuis l'insurrection est libéré par les services secrets de l'IRA (Irish Republican Army). Il prend la tête de ce gouvernement.
Les deux années qui suivent sont marquées par une guérilla contre l'armée, la police anglaise et les régiments de mercenaires, les Black and Tan. En juin 1921, les protagonistes sont contraints au cessez-le-feu. Le 6 décembre 1921, un traité est signé. Il entérine la souveraineté de la République Irlandaise et, en parallèle, la création au nord d'un état de six comtés à majorité protestante. Ce traité conduit à la partition de l'IRLANDE. Malgré l'opposition de l'IRA, le traité est finalement ratifié mais une guerre civile éclate dans le nouvel état libre. Au bout de deux ans, on compte de nombreuses victimes. En avril 1923, De Valera appelle à la fin des combats. Il fonde un parti républicain, le Fianna Fail ("les Guerriers de la Destinée"), en s'appuyant sur l'aile modérée du Sinn Féin. Il repousse à plus long terme l'idée de réunifier l'île. De 1932 à 1948, il entame une guerre économique dirigée contre le ROYAUME UNI et fait voter la constitution du pays dans laquelle il est écrit que "le territoire national consiste en l'île tout entière, ses îles et ses eaux territoriales". L'IRA se lance dans l'action avec la Bombing Campaign de 1939 qui vise les villes britanniques et la Borders Campaign de 1956 à 1962 qui vise les postes frontières.
Depuis 1951, on assiste à une alternance entre le Fianna Fail et une coalition des partis d'opposition. De 1951 à 1973, le Fianna Fail mène une politique de redressement économique. En 1973, l'IRLANDE entre dans la CEE. Sous la présidence de Mary Robinson (1990 - 1997), l'IRLANDE connaît une profonde transformation sociale: préservatifs en vente libre, dépénalisation de l'homosexualité en 1993, légalisation du divorce en 1995 mais le droit à l'avortement est rejeté par référendum.
En décembre 1993, un traité historique est signé. L'ANGLETERRE ne s'opposera pas à un rattachement de l'IRLANDE du nord au sud. Dans le même temps, l'IRLANDE ne recherchera pas une unification sans passer par le consentement de la majorité des habitants d'IRLANDE du nord. En février 2011, le Fianna Fail est lourdement battu aux élections. Il arrive derrière le Finn Gael (centre droit) et la Labour (gauche). Le Sinn Féin obtient 14 sièges (meilleur score depuis 1948). Le pays est dirigé par une coalition de partis de gauche.
En mai 2015, les irlandais se prononcent en faveur du mariage homosexuel.
Aux élections de 2016, le Finn Gael arrive devant le Fianna Fail et le Sinn Féin mais n'obtient pas une majorité suffisante pour gouverner sans coalition. Le Finn Gael doit s'appuyer sur le Fianna Fail.
Début 2018, un référendum donne la victoire aux défenseurs du droit à l'avortement.