CIRCUIT EN AFRIQUE DU SUD ET AU SWAZILAND (août 2003)
Données historiques

Arrivés il y a environ 2.000 ans sur le sol actuel de l’AFRIQUE DU SUD, les premiers occupants incontestés de ce pays sont les Bushmen (chasseurs) puis les Hottentots (cueilleurs pasteurs). Ces deux ethnies très proches sont souvent regroupées sous le nom de Khoisans.
En 1488, dix ans avant Vasco de Gama, le navigateur portugais Bartolomeu Dias, en route pour la route des INDES, passe la pointe de l’AFRIQUE.
En 1647, suite au naufrage de son navire, l’équipage du “Nieuw Haarlem” s’installe pour une année au pied de TABLE MOUNTAIN au nord de l’actuelle CAPE TOWN. Ils découvrent les étonnantes ressources de la région.
Durant cette période, la Compagnie Hollandaise des INDES Orientales fonde une escale au CAP en 1652. Il s’agit pour cette compagnie de mettre en place un comptoir destiné au ravitaillement des navires en route pour les INDES. Des Free Burghers (“citoyens libres”) sont envoyés à l’intérieur des terres. Dès 1652, Van Riebeek, responsable du comptoir, réclame des esclaves pour mettre en valeur la colonie. Les Burghers que l’on appellera Trek Boers (“fermiers vagabonds”) errent, à partir de 1690, par familles entières dans les régions de l’intérieur à la recherche de pâtures. A la même époque, la communauté hollandaise accomplit un travail de mise en valeur des terres arables. Avec l’arrivée des Huguenots (1688), chassés de FRANCE par les persécutions consécutives à la révocation de l’Édit de NANTES en 1685, la viticulture prend un essor considérable.
Initialement pacifique, la coexistence entre Hollandais et Khoisans dégénère rapidement. Le conflit de 1659 tourne à l’avantage des Khoisans. Les colons doivent se retrancher vers le littoral. Le deuxième conflit de 1677 conduit certains groupes de Khoisans à verser un tribut à la colonie. En 1713, une épidémie de variole décime les Khoisans qui n’apparaissent dès lors plus que de manière presque anecdotique dans l’histoire du pays.
Tout au long du XVIIIème siècle, les Trek Boers continuent à progresser vers le nord et l’est. Ils rencontrent la résistance des Xhosas plus organisés que les Khoisans.
En 1795, La Compagnie des INDES Orientales fait faillite. Les anglais s’installent en AFRIQUE DU SUD en 1806 à l’occasion des guerres napoléoniennes. A partir de 1845, les britanniques réforment la société et mettent en place un système administratif et judiciaire structuré.
Depuis 1778, les batailles et les escarmouches se succèdent sur la FISH RIVER opposant les Trek Boers et les Xhosas. En 1811, le Lieutenant Colonel Grahan est chargé de rétablir l’ordre (“Quatrième Guerre des Cafres”). En 1819, 6.000 Xhosas sont massacrés à GRAHANSTOWN. Les guerres de 1834, 1846 et 1850 marquent la fin de la résistance xhosa.
Le début du XIXème siècle est marqué par le Mfecane (“écrasement”, “migration forcée”). Avides de conquêtes, les Zoulous, menés par Shaka, envahissent les territoires avoisinants, massacrant tout sur leur passage. Les peuples assaillis fuient vers le nord et l’est, poussant eux mêmes à l’exode les populations dont ils traversent le territoire. Une grande vague migratoire parcourt ainsi tout le pays.
L’interdiction du commerce des esclaves, la mise en place d’une économie monétaire, la restitution de certaines terres aux Xhosas et l’arrivée massive d’immigrants britanniques déclenchent le départ des Boers vers de nouvelles terres: c’est le Grand Trek. Munis de leur Bible, les Voortrekers s’identifient au peuple hébreu et fondent la République de NATALIA qui ne vit que cinq ans jusqu’à l’arrivée massive de colons britanniques en 1843. Les Trekkers se remettent alors aussitôt en route vers le nord. Vers 1845, ils fondent d’autres micro états dont le TRANSVAAL reconnu par les Anglais en 1852 (Traité de la SAND RIVER).
La découverte de diamants dans la région de KIMBERLEY en 1867 puis celle des filons aurifères en 1886 modifient radicalement la vie du pays. Dix mille prospecteurs se bousculent pour exploiter le filon du kopje de COLESBERG. La colline deviendra le “BIG HOLE”, le plus grand trou jamais creusé de mains d’homme. Des fortunes colossales se font à cette époque. La ruée vers l’or commence elle dès 1871 notamment à PILGRIM’S REST. A la fin du XIXème siècle, l’AFRIQUE DU SUD rivalise désormais en prospérité avec les INDES britanniques.
A partir de 1879, les Britanniques entreprennent la destruction du Royaume Zoulou (menace pour la stabilité de la colonie, réservoir de main d’œuvre, obstacle géographique aux communications terrestres). Prenant prétexte d’incidents mineurs, ils exigent le démantèlement du royaume. A ISANDLWANA, l’armée zouloue inflige à l’armée britannique l’une des défaites les plus retentissantes de l’histoire coloniale. La revanche est sans merci. Les défaites zoulous qui s’ensuivent contraignent le roi Cetshwayo à demander la paix. Le Royaume Zoulou est officiellement annexé par la Couronne en 1887.
Malgré le Traité de la SAND RIVER, les Anglais annexent le TRANSVAAL en 1877. En réponse à cet acte impérialiste, les commandos boers, sous l’instigation de Paul Kruger, déclarent la guerre à l’envahisseur. Après plusieurs victoires, le TRANSVAAL recouvre son indépendance, uni comme il ne l’a jamais été. Ce premier conflit réactive le nationalisme boer. La détermination des Anglais à réduire les Boers à l’impuissance se renforce. L’échec d’un coup d’état en décembre 1895 et la victoire de Paul Kruger aux élections de 1895 conduit à l’inévitable: la guerre est déclarée en octobre 1899. Le conflit débute par une série de succès boers. A partir de mars 1900, la situation tourne à l’avantage des anglais qui passent à l’offensive. PRETORIA est investie en juin et Kruger doit abandonner sa capitale. La guerre terminée, une guérilla épuisante s’engage. Au terme d’une lutte sans répit, la paix est signée à PRETORIA le 31 mars 1902. Les rebelles sont amnistiés, la langue afrikaans protégée, les prisonniers de guerre libérés. Quelques années plus tard, les afrikaners négocient avec les anglais une indépendance répondant à leurs aspirations. L’Union Sud Africaine est fondée le 31 mai 1910. Louis Botha devient Premier Ministre de ce nouvel état.
Une politique de ségrégation est définie fondée sur la supériorité intellectuelle blanche. C’est le début de l’Apartheid. Des réserves africaines sont créées. L’éducation des noirs est reléguée au second plan. Le premier mouvement d’opposition métis, l’African Political Organisation est fondée en 1902. Plus de soixante leaders noirs entament alors une résistance qui ne prendra fin qu’en 1990 avec l’abolition de l’apartheid. En 1912, est créé le South African Native National Congress (SANNC) qui deviendra en 1923 l’African National Congress (ANC). Les tensions sociales explosent en 1922 lors de la grève d'ouvriers afrikaners qui protestent contre les trop grandes faveurs accordées selon eux aux noirs. La loi martiale est déclarée et vingt mille hommes de troupe sont chargés de réprimer la rébellion. Cette réaction violente marque le début de l’irrésistible ascension de l’aile droite afrikaner.
Le krach de WALL STREET en octobre 1929 touche durement l’AFRIQUE DU SUD. Le parti sud africain de Jan Smuts fusionne avec le Parti National de Barry Hertzog pour mettre en place un gouvernement d’union national. Cette union provoque une scission au sein du Parti National. L’ultra nationaliste DF Malan prend la tête d’un parti national épuré.
A partir de septembre 1939, Jan Smuts obtient l’entrée en guerre de l’AFRIQUE DU SUD aux cotés des Alliés. Le port des armes est refusé aux hommes de couleur. La fin de la guerre est marquée par la montée des mécontentements. Le 28 mai 1948, DF Malan remporte les élections. La mise en place de l’apartheid s’étalera sur quelques années: interdiction des mariages mixtes en 1949, loi sur l’enregistrement de la population, loi sur les zones de regroupement, lois sur les lieux réservés en 1950, exclusion des noirs des systèmes scolaire et universitaire. La résistance noire s’organise et les manifestations déclenchées à partir du 26 juin 1952 par l’ANC aboutissent à l’arrestation de 8.400 personnes.
Au début des années 1960, la résistance non violente fait place à la résistance armée. Le PAC (Pan Africanist Congress) adopte une ligne idéologique plus dure que celle de l’ANC. Le 21 mars 1960, 69 manifestants sont tués par la police dans le township de SHARPEVILLE, évènement qui attire l’attention des pays étrangers. L’ANC appelle à une grève générale couronnée de succès. Le gouvernement réagit en interdisant le PAC et l’ANC. Des leaders de l’ANC passent alors la frontière et forment la branche armée du parti dirigée par Nelson Mandela. Face à ces difficultés, l’apartheid répond par des lois plus révoltantes encore.
Pour rompre avec le système institutionnel britannique, le gouvernement proclame après référendum la nouvelle République Sud Africaine le 31 mai 1961.
Inquiète de la menace que représentent les townships surpeuplés, la police déplace massivement les populations noires. Des familles entières sont séparées.
L’opinion internationale commence à réagir. L’intervention militaire en ANGOLA tourne au désastre diplomatique: l’AFRIQUE DU SUD y perd sa crédibilité et ses derniers alliés. Le pays ne peut plus échapper au naufrage économique. Son image internationale se noircit encore avec les émeutes de SOWETO en 1976. Pour endiguer la montée en puissance de l’ANC, l’armée et les services secrets s’emploient à déstabiliser les pays voisins. L’apartheid est assoupli: abolition en 1986 des lois interdisant mariages mixtes et relations sexuelles interraciales, suppression du système de laissez passer, équipes mixtes aux Jeux Olympiques. L’opinion publique internationale, qui n’est pas dupe, maintient néanmoins les sanctions.
Le COSATU est créé en 1985. Il s’agit d’un mouvement non racial représentatif des populations blanches et noires. Son leader, l’Archevêque du CAP, Desmond Tutu, acquiert très vite une renommée internationale (Prix Nobel en 1984). Élu en 1989, FW De Klerk, lève, dès le début de son investiture, l’interdiction qui pèse sur les partis ANC, PAC et SACP, crée l’évènement avec la libération de Nelson Mandela, détenu depuis 27 ans et se lance dans une lutte sans merci contre l’extrême droite. En décembre 1991, le Gouvernement et 17 partis politiques forment le CODESA (Convention for Democratic South Africa). Les membres de la Convention s’engagent à définir les fondements constitutionnels d’une nouvelle AFRIQUE DU SUD, unie et libre de préjugés raciaux. Mandela, malgré son charisme, a du mal à endiguer la violence entretenue par les partisans du parti zoulou. En quelques mois, la situation devient inquiétante (crise politique, économique et sociale sans précédent). Beaucoup n’hésitent pas à parler de guerre civile. Enfin, le jour des premières élections multiraciales est connu: ce sera le 27 avril 1994. L’ONU lève les sanctions économiques. De Klerk et Mandela reçoivent conjointement le Prix Nobel de la Paix. Pour la première fois en janvier 1994, la mixité dans les écoles est une réalité. A quelques jours du vote se déploie une nouvelle vague de terreur: onze bombes, revendiquées par des groupuscules d’extrême droite, explosent en deux jours. Le 27 avril, tous les peuples d’AFRIQUE DU SUD votent pour la première fois. La nouvelle AFRIQUE DU SUD est née. Nelson Mandela est élu à la présidence. En 1996, une nouvelle constitution est promulguée et une Commission Vérité et Réconciliation est créée.
En 1999, Thabo Mbeki succède à Nelson Mandela à la présidence.

Cellule de Nelson Mandela (ROBBEN Island au large de CAPE TOWN).