Strasbourg (67)

Strasbourg est située dans l’est de la France sur la rive droite du Rhin. Elle est construite sur l’Ill, cours d’eau qui gagne ensuite le Rhin.
Des objets du Néolithique trouvés à Strasbourg attestent une présence humaine qui remonte à -600.000 ans. Vers 1300 avant JC, les premiers peuples celtes s’installent durablement dans la région. A la fin du IIIème siècle avant JC, le site appelé Argentorate devient une petite bourgade avec des maisons sur pilotis, un sanctuaire et un marché. Des travaux d’assèchement permettent ensuite des constructions sur la terre ferme. L’armée romaine s’installe à Strasbourg à partir de 58 avant JC et fortifie les lieux. La ville commence à se développer et sert de base de repli pour les armées romaines installées de l’autre coté du Rhin jusqu’en 260. A partir du milieu du IVème siècle, la région connaît une période de grands troubles : saccage par les alamans en 355, reconquête par les romains après la bataille de Strasbourg en 357, invasion des germains en 406 et destruction de la ville par Attila en 451.
La ville est reconstruite par les francs et prend le nom Strateburgum. Une période de prospérité commence. On édifie une cathédrale (VIème siècle) et un couvent. Strasbourg devient ville royale. On exporte du vin, du blé et du bois.
En 842, après la mort de Charlemagne, Charles le Chauve, Louis le Germanique et Lothaire se partagent l’empire de leur père. Le traité de Verdun de 843 attribue Strasbourg à Lothaire. A sa mort en 870, Louis le Germanique en prend possession. En 962, sous le Saint Empire romain germanique d’Otton le Grand, le ville se développe. On bâtit de nouvelles fortifications. On construit un hôpital et les travaux de la cathédrale actuelle débutent. Strasbourg devient l’une des principales villes du Saint Empire. Les fortifications sont remaniées aux XII et XIIIèmes siècles avec notamment le système des ponts couverts. En 1201, Strasbourg devient ville libre et se dote d’un conseil municipal quelques années plus tard. Le clergé se voit confisquer certains pouvoirs (administration et justice). En 1260, l’évêque de Strasbourg exige qu’on lui restitue les pleins pouvoirs. La guerre qui éclate entre les strasbourgeois et l’armée épiscopale tourne en faveur des premiers qui sont soutenus par Rodolphe Ier du Saint Empire. Le pouvoir est désormais aux mains de familles nobles qui se déchirent. Après la guerre civile de 1332, la classe marchande est aux affaires. La peste qui touche toute l’Europe atteint Strasbourg au milieu du XIVème siècle. Une nouvelle période de troubles commence avec notamment l’assassinat de 2.000 juifs accusés d’être responsables de la peste.
Charles IV confirme son statut de ville libre. Le commerce se développe à nouveau. A la fin du XIVème siècle, on construit de nouveaux édifices (églises, couvents) et la ville s’agrandit. La cathédrale est achevée en 1439. Strasbourg est une place forte reconnue et une ville riche. Johannes Gutenberg, installé à Strasbourg depuis 1434, invente l’imprimerie à caractères mobiles. De nombreux ateliers d’imprimerie se développent attirant intellectuels et artistes.
A partir de 1519, les idées de Martin Luther trouvent un écho favorable à Strasbourg. La ville adopte la Réforme en 1525, devient protestante en 1532 et accueille les huguenots chassés de France. En Europe, les tensions montent entre protestants et catholiques. La guerre de Trente Ans éclate en 1618 mais Strasbourg protégée par ses fortifications n’intervient pas. A la fin de la guerre, une partie de l’Alsace est rattachée à la France mais Strasbourg reste ville libre impériale. La ville est isolée et financièrement affaiblie. En septembre 1681, la cité est assiégée par les armées de Louis XIV. Elle se rend après deux jours de siège. Strasbourg conserve ses libertés essentielles mais est placée sous la surveillance d’un prêteur royal, est désarmée et occupée par 6.000 soldats français qui seront hébergés dans la citadelle de Vauban dont les travaux débutent à partir de 1682.
Alors qu’à Paris, la Bastille est prise par les révolutionnaires, Strasbourg se soulève. L’hôtel de ville est saccagé. En 1792, la France entre en guerre contre la Prusse et l’Autriche. Rouget de l’Isle compose « Un chant pour l’armée du Rhin » à la demande du maire de Strasbourg. Ce chant deviendra « La Marseillaise ». Strasbourg se développe à nouveau grâce au commerce du tabac, du coton et des épices. Sa population augmente. D’importants travaux débutent au début du XIXème siècle : construction de canaux, construction de lignes de chemin de fer, inauguration du télégraphe.
Lorsque la guerre éclate en 1870, la ville est mal préparée et ses fortifications qui datent du XVIIème siècle sont obsolètes. Bombardée pendant plus d’un mois, Strasbourg se rend le 28 septembre 1870. A la fin de la guerre, l’Alsace et la Lorraine sont rattachées à l’Allemagne. Les strasbourgeois vivent très mal ce rattachement. L’Allemagne souhaite faire de Strasbourg une vitrine de son savoir-faire. L’industrie se développe. Un plan de modernisation de la cité voit le jour. Les travaux dureront jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Strasbourg sort de cette guerre relativement épargnée malgré la perte de 3.000 strasbourgeois morts sous l’uniforme allemand. L’Alsace redevient française à la signature du traité de Versailles. Les allemands sont expulsés de la ville et certains monuments impériaux sont détruits. Malgré la crise des années 1930, la ville redevient prospère.
La Seconde Guerre mondiale éclate en 1939 et 120.000 personnes fuient la ville. En juin 1940, l’Alsace est annexée par l’Allemagne. Il s’en suit une période de germanisation très dure : seul le retour des habitants d’origine alsacienne est accepté, les juifs sont refoulé, la synagogue est incendiée, la langue française est interdite, le nom des rues est traduit en allemand, la résistance qui s’organise dès septembre 1940 est réprimée, les jeunes sont enrôlés de force dans l’armée allemande et envoyés sur le front russe. En 1943, Strasbourg est bombardée par les forces alliées. Le général Leclerc lance l’offensive sur la ville qui est libérée le 23 novembre 1944.
Strasbourg, ville symbole de la réconciliation franco-allemande, est le siège du Conseil de l’Europe depuis 1949, du Parlement européen depuis 1992 et de la Cour européenne des droits de l’homme depuis 1998.
En 2010, Strasbourg comptait près de 272.000 habitants et sa communauté urbaine près de 470.000.
Son économie s’appuie sur un secteur secondaire diversifié (automobile, industrie pharmaceutique, entreprises agroalimentaires) et un secteur tertiaire tourné vers la finance, la recherche et le conseil. Strasbourg a également acquis des compétences dans des domaines très pointus : sciences de la vie / biotechnologie / secteur pharmaceutique et véhicules du futur. La ville est dotée d’un port autonome (deuxième port fluvial français après le port de Paris). Le tourisme est enfin un secteur important de l’économie avec 8.300 emplois sur Strasbourg.
Le quartier de la Grande Ile est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1988.
 
Vue aérienne de Strasbourg
 
Barrage de Vauban
 
 
Ponts couverts
 
 
 
Quartier de la Petite France
 
 
 
 
Place Gutenberg
 
Maison Kammerzell
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mes commentaires:
Une balade très agréable au coeur du centre-ville de Strasbourg fréquenté par une foule de touristes. Vauban a ici aussi laissé une trace de son art. L'office du tourisme est situé devant et à gauche de la cathédrale. On y vend le plan de la cité (1 euro en mars 2013). La cathédrale plantée au milieu d'une île est d'une très grande beauté. A l'intérieur, on se presse pour voir fonctionner l'horloge, véritable prouesse technologique et d'une grande précision.