Annonay (07)

L’origine du nom d’Annonay se perd dans un passé qui démarre dès l’Antiquité comme l’attestent des pièces et médailles romaines découvertes au milieu du XIXème siècle.
Annonay est citée pour la première fois en 403 dans une chronique des archives de Vienne. On parle alors de bourgade dans les montagnes du Haut-Vivarais habitée par des ouvriers parcheminiers. En 790 puis en 805, les archives de l’Eglise de Vienne parlent d’Annonay comme d’un archiprêtré rural.
A partir du XIIIème siècle, la ville se développe car elle constitue une étape importante pour les pèlerins en route vers le Puy-en-Velay. On construit des hôtelleries, des monastères et des prieurés.
Au début du XIVème siècle, la population d’Annonay est touchée par la peste.
La ville se développe à nouveau à partir du XVème siècle. Elle exporte son vin, participe aux échanges entre la vallée du Rhône, le Dauphiné et les régions montagneuses (muletiers) et travaille le cuir sur les berges de la Deûme. Elle est défendue par le château des Roussillon qui dominent la région et par deux maisons fortes (Maleton et Du Peloux) et protégée par une ligne de remparts. Des faubourgs se développent vers le Champ de Mars et sur les berges de la Cance et de la Deûme.
Pendant la guerre de Cent Ans, les fortifications sont renforcées au moyen de tours de guet (tour des Martyrs notamment). Des portes sont percées afin de mieux contrôler les allées et venues (portes de Deûme, de Cance, du Champ, …). Au milieu du XVème siècle, Annonay compte quatorze églises et chapelles et compte environ 2.000 habitants.
En 1524, Annonay est rattachée au domaine du roi de France suite à la révolte de connétable de Bourbon.
Dès 1528, Etienne Machopolis, un moine cordelier, diffuse les idées de Luther qu’il a entendu prêcher en Saxe. En 1539, deux marchands d’Annonay sont brûlés vifs pour avoir propagé le protestantisme. Les excès des catholiques et l’influence de familles protestantes importantes poussent Annonay à adopter la Réforme. La cité tombe aux mains des troupes catholiques menées par Christophe de St Chamond, seigneur de Thorrenc et d’Andance. Quelques mois plus tard, la ville est reprise par les protestants conduits par Jean de St Romain, le frère de St Chamond. Les lieux de culte catholiques sont détruits à l’exception de la chapelle de Trachin qui devient un temple protestant. Dès le 10 janvier 1563, 3.000 catholiques investissent la ville qui est mise à sac en quelques jours. L’Edit d’Amboise de mars 1563 ramène une paix provisoire en accordant la liberté de culte. L’année suivante, Annonay doit faire face à une nouvelle épidémie de peste. La trêve ne dure pas et, en 1568, les protestants envahissent Annonay qui est reprise quelques mois plus tard par les catholiques. Juillet 1574 est marqué par le retour des protestants. La ville est saccagée. Henri III envoie Jean de Fay de Virieu, seigneur protestant, pour négocier la paix après avoir désarmé les places de la région. Un édit de pacification est signé en 1577. A l’issue des guerres de religion, Annonay, cité en ruine, ne compte plus qu’environ 1500 habitants et connait la disette et la famine (de 1583 à 1585) et une nouvelle épidémie de peste.
Après la signature de l’édit de Nantes, Annonay redevient prospère. Des tanneries s’installent sur les berges de la Deûme et de la Cance attirées par la qualité des eaux et par la proximité des élevages locaux. L’église Notre Dame est reconstruite, un temple protestant est bâti à proximité de la place Sainte Ursule, de nouvelles communautés religieuses s’installent, un hôpital et un établissement d’enseignement sont créés.
A la révocation de l’édit de Nantes en 1685, les protestants d’Annonay qui constituent 50% de la population doivent s’exiler, abjurer ou pratiquer clandestinement leur culte. Un siècle plus tard, ils ne constituent plus que 7% de la population.
Après les tanneries et les mégisseries, l’industrie papetière s’installe à Annonay au XVIIème siècle. En 1780, on traite 25.000 peaux de vaches et 500.000 peaux de moutons et on produit 300 tonnes de papier. La main d’œuvre manque et des conflits sociaux éclatent. Les meilleurs ouvriers quittent la ville.
Le 14 décembre 1782, la première montgolfière imaginée par Etienne et Joseph Montgolfier s’élève dans le ciel annonéen. Un nouvel essai à lieu place des Cordeliers le 4 juin 1783 devant les membres des Etats particuliers du Vivarais.
Annonay poursuit son développement grâce au commerce. En 1787, on compte 130 commerces pour environ 7.000 habitants. Sur le plan religieux, Annonay accueille un archiprêtre, des vicaires, des chanoines, des religieuses, des sœurs converses mais aussi un pasteur.
La déchristianisation consécutive à la Révolution passe mal dans la région et la Terreur fait plusieurs victimes autour d’Annonay. Les représentants d’Annonay sont favorables aux réformes et choisissent une position modérée à l’image de Boissy d’Anglas (proche des Girondins) et André Joseph Abrial (ministre de la Justice et rédacteur du code civil).
Au XIXème siècle, Annonay poursuit son développement. Elle accueille les populations des campagnes environnantes venues chercher du travail dans les tanneries, les mégisseries et les papeteries. La ville change avec de nouvelles rues, des rues réaménagées, un nouvel hôtel de ville, deux nouvelles églises. Des résidences bourgeoises sont construites à l’extérieur de la ville formant une « ceinture dorée ». En 1870, on traite 8 millions de peaux. Le secteur emploie 50% des ouvriers de la ville.
Au milieu du XIXème siècle, Annonay perd son rôle de premier plan dans la région en raison du développement de Saint Etienne et des échanges nord – sud (vallée du Rhône) qui l’isole.
La guerre franco-prussienne de 1870 provoque l’arrêt des exportations ce qui conduit au déclin de l’industrie du cuir. 2.000 ouvriers sont licenciés et quittent la région. L’industrie papetière est encore florissante. La retenue du Ternay est construite en 1867 pour faire face aux besoins considérables en eau. Après la Première guerre mondiale, de nouvelles industries s’implantent : fabrication d’autocars, industries mécaniques et tissage. Le centre-ville reste constitué de taudis et de rues salles et noircies par les rejets des industries polluantes.
En 1940, Annonay est le siège des derniers combats avant la capitulation française mais dès le 6 juin 1944, les résistants locaux de l’Armée Secrète libère la ville.
Après la guerre, on assiste à de profonds changements industriels : des industries périclitent (cuir, textile puis papier), d’autres se développent (secteur agro-alimentaire, production de médicaments). Une politique de rénovation est conduite et se poursuit aujourd’hui encore. Elle marque profondément la ville avec de nouveaux quartiers, des quartiers rénovés ou réhabilités et une urbanisation qui s’étend vers les villages environnants. L’avenue de l’Europe est créée sur la Deûme couverte. Les berges de la Deûme sont réaménagées. La place des Cordeliers est embellie. La Maison de l’Orient dédiée au culte musulman est construite.
Annonay compte aujourd’hui un peu moins de 17.000 habitants.
A voir à Annonay :
- Statue des frères Etienne et Joseph de Montgolfier (1888).
- La Pyramide, obélisque de pierre (1819 – 1822).
- Statue de Marc Seguin (1923, soustraite par l’armée allemande en 1942, remplacée en 1947).
- Domaine de Marc Seguin à Varagnes.
- Statue de François Antoine de Boissy d’Anglas (1862, bas-relief en bronze représentant la séance du 1er prairial an III de la Convention).
- Fontaine de la place de la Liberté (1923).
- Conservatoire de l'hôpital.
- Hôtel de Ville (1853, reconstruit en 1870 et 1926).
- Rue de la Poterne, maison forte de Nicolas du Peloux.
- Rue de Trachin, demeures bourgeoises.
- Pont Valgelas (XIVème siècle).
- Maison dite de la Vanaude (1930).
- Maison du baillage royal (1700) aujourd’hui musée César Filhol.
- Place Mayol, tour du XVIème siècle.
- Château de Déomas.
- Eglise Notre Dame de l’Assomption (1904 – 1912).
- Chapelle de Trachin.
- Couvent Sainte Marie (1630).
- Vierge de Fouines (5.22 mètres, 1943).
- Ancienne porte du château (XIIème siècle).
- Voutes de Soubises (XII – XIIIème siècles).
- Tour des Martyrs (XIIème siècle).
- Théâtre (1187).
- Varagnes.
 
Panorama depuis la place du Champs de Mars
 
 
 
Lycée Boissy d'Anglas
 
Ancien hôpital
 
Statue de Boissy d'Anglas
 
Fontaine JB Bechetoille
 
Couvent Sainte Marie
 
 
 
Tour des Martyrs
 
Ancien baillage royal
 
Eglise Notre Dame
 
Rue des Jardins
 
 
 
 
Place des Forges
 
Rue des Consuls
 
Place de la Grenette
 
 
 
 
Rue Epiphanie
 
Rue du Docteur Barry
 
 
Rue Franki Kramer
 
Premier bureau de la Caisse d'Epargne 1834
 
Place de la Liberté
 
Statue de Marc Seguin
 
Porte du Château (XIIème siècle)
 
Porte de Bourgville (XIVème siècle)

Eglise de Trachin

Mairie

Statue de Joseph et Etienne de Montgolfier

Place de la Libération

Parc Mignot

Vallée de la Cance

Quartier de Cance

Eglise Saint Joseph de Cance

Friches industrielles de Cance

Rue de la Mure

Notre Dame de Confiance

Pont Valgelas
 
Passage Soubise

Pont Montgolfier

Place des Cordeliers

Avenue de l'Europe

Théâtre

Eglise Saint François

 
 
Gallaiaure

Reconstitution de l'envol de la première montgolfière

Mes commentaires :
J'ai attendu onze années depuis la création du site "Images d'Ailleurs" pour mettre en ligne une page sur Annonay, la ville où j'ai mes racines. Certes, Annonay n'est pas une ville très touristique, ses vieilles rues sont parfois bien sales et malodorantes mais en parcourant ses places, ses rues et ses ruelles, on découvre de belles choses qui méritent assurément le détour. Découvrir Annonay, c'est aussi l'occasion de tester son souffle dans les montées. Montée des Aygas, ça vous tente ? C'est parti et, attention, pas d'arrêt en cours de route ...

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